samedi 21 juillet 2012

Seniorescence : l’adolescence des quinquas


Vous souvenez vous de votre adolescence ?

Un physique parfois ingrat, qu’on ne supporte pas,
Une prise de conscience de changements anatomiques,
Le cœur qui s’emballe pour de nouvelles amours,
L’impression d’être incompris, de ne pas avoir sa place,
Des questionnements, des inquiétudes voire de l’angoisse  face à des choix de vie, à une autonomie nouvelle.

Fleur fanéeEt bien les seniors, c’est à peu près pareil

Un visage qu’on ne reconnait pas quand on se voit en photo « c’est donc moi ce visage déjà fané ! »
Des couples qui n’ont plus rien à se dire après 30 ans de vie commune et qui se séparent (+ 30 % de divorce chez les plus de 60 ans en 10 ans selon l’Ined),
Des employeurs qui parfois vous jettent, jusqu’à retrouver le bataillon des chômeurs seniors sans espoir de retrouver un poste. On dirait qu’ils ont oublié des années de compétence et d’expérience,
Une nouvelle vie qui se profile : bientôt plus de travail, du temps qu’il va falloir habiter, un quotidien à réinventer ...


Si l’adolescence est un carrefour entre l’enfance et l’âge adulte, comment qualifier le passage entre la maturité et la vieillesse ? Le mot de seniorescence est celui qui convient le mieux.

Devenir senior, c’est faire face à des bouleversements physiques et psychologiques. C’est aussi prendre conscience que son futur  sera la vieillesse.

Pas très gai tout cela ? Mais si !

C’est aussi une période où bien des choses deviennent possibles.
Le carcan et l’autorité de la vie professionnelle fait place à la liberté. Pendant 40 ans, on est ce qu’on fait : le statut social de son activité professionnelle, de son statut de parent. A la retraite, on devient soi-même, on redécouvre sa personnalité profonde, on vit selon ses goûts.

Cette seniorescence n’est guère reconnue par la société. Ces changements se font en silence, parfois dans la souffrance. Il faut laisser le temps au temps. S’installer dans ce nouveau statut et les spécialistes s’accordent à dire qu’il faut de un à deux ans après l’arrêt de l’activité professionnelle pour trouver son nouveau rythme.


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12 commentaires:

  1. Bonjour,

    C'est une très belle façon d'exprimer les choses. Jusqu'à présent, c'est la plus censée que j'ai vu.
    Merci
    Cathy CAROFF

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    1. Merci ... il y a un peu de vécu dans tout cela !

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    2. je suis d'accord avec Cathy, ce billet est une explication très objective et touchante du cap de la vieillesse, qui est un vrai bouleversement. quand on devient senior, le corps change, mais aussi le mode de vie, avec la retraite, ce qui est un vrai chamboulement.

      Clothilde

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  2. Oui j'imagine.
    Il n'est vraiment pas évident d'aborder se genre de sujet sans employé des termes désagréables. Plus souvent en lien avec le futur que l'état actuel du moment vécu. Je reprendrais ce terme si tu veux bien. Pour les femmes de mon entourage, il pourrait éclairer cette période sur un jour nouveau sans non plus chercher à enjoliver quoique se soit.
    Merci
    Cathy

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  3. Très bien le rapprochement ado quinqua, merci !

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    1. Merci. J'ai même une conférence sur le sujet si cela vous intéresse.

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  4. Je me découvre en pleine seniorescence ! Très intéressant !
    Je vous en dis plus ici : http://portebois.blogspot.fr/

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  5. C'est moche ce mot "quinqua" et très stigmatisant je trouve.
    mais c'est déjà des seniors ? ça m'étonne un peu je voyais plus les gens de 50 ans comme des gens de 40 en un peu plus marqués, pas comme des vieux. J'aurais dit plutot 60, la société est vraiment impitoyable, du coup je flippe à l'idée de tomber là dedans un jour.

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    1. Moi, j'aime bien le mot quinqua que je trouve plutôt positif et pas stigmatisant. Il évoque bien le fait qu'on est plus tout à fait dans la jeunesse mais dans un temps de transition. C'est un mot qui exprime bien cet "entre deux" d'une période où on est plutôt encore en bonne santé et où on peut découvrir une foule de choses.

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  6. "Pendant 40 ans, on est ce qu’on fait : le statut social de son activité professionnelle, de son statut de parent. A la retraite, on devient soi-même, on redécouvre sa personnalité profonde, on vit selon ses goûts."

    euh... alors déjà je n'ai aps d'enfants et pour ce qui est de la vie professionnelle depuis une période de chômage due à une dépression je n'ai conne que chomage et pauvreté, alors je ne vois pas bien de quoi je serais "libérée", il m'a plutot manqué uen jeunesse active et agréable, de plus enfant et ado je vivais comme une vieille, entourée de mémés severes, meme chose dans ma vie professionnelle coincée dn uene petite ville avec un mari tyrannique et ennuyeux, donc j'ai déjà connu cette période, merci bien pas pressée d'en reprendre.

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    1. Justement, tous ces moments difficiles sont le passé. Est-ce que le privilège des années n’est pas de prendre un peu de distance et de réfléchir à ce qu’on veut vraiment ?

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